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Le Maréchal Ney

Conférence le 19 octobre 2016 par Christian Stierlé.

C’est devant une assistance de quelques soixante personnes que monsieur Christian Stierlé, membre titulaire de l’Académie de Montauban, a présenté à l’Association de Sauvegarde du Patrimoine Castelsarrasinois, une conférence sur le maréchal Ney.

« Un brave parmi les braves : le maréchal Ney, soldat de la Révolution et de l’Empire ».

C’est en historien que le conférencier a traité de la personnalité de Michel Ney, à la fois au plan de son action de combattant historique pendant les guerres du Consulat et de l’Empire et au plan de sa vie privée. Il naît à Sarrelouis le 10 janvier 1769, petite ville de garnison de la Sarre. Grand gaillard, teint clair, boucles ébouriffées, yeux bleus, front haut, attitude ferme : il est hussard dans un régiment où il ne tarde pas à se montrer bon cavalier et excellent sabreur. La Révolution ne tarde pas à révéler les qualités de Ney qui voit, satisfait, que les grades vont être accordés au mérite. Brigadier, maréchal des logis, lieutenant, il est sur le terrain militaire un capitaine extraordinaire, héroïque recevant le surnom d’Infatigable, combattant sur le Rhin et le Danube, en Autriche, etc… En 1802, restant le favori de l’Empereur et suivant les conseils de celui-ci, il contracte mariage avec Aglaé Auguié, amie de la fille de la Première Dame du Consulat. De cette union, naîtront quatre enfants. Dès lors, la vie des nouveaux époux n’est faite que d’absences et de retrouvailles.

Ney reprend vite les combats militaires partout en Europe au point que sa carrière est rythmée par le fracas des canons, le cliquetis des sabres et le galop des chevaux. Le voilà simple fantassin, le fusil à la main, lors de la sanglante bataille d’Eylau (Prusse, 1807), en Galice et Asturies (1809), au Portugal (1810), en Russie (1812), en Silésie (1813), à Waterloo (1815), etc… Le 11 avril 1815, Bonaparte signe son abdication ; le lendemain, Louis XVIII nomme Ney « commandant en chef du corps royal ». Il n’a pas le temps de goûter à un peu de repos auprès d’Aglaé que déjà Napoléon quitte son île d’Elbe pour débarquer à Cannes afin de faire la reconquête du pays à partir de la vallée du Rhône et de la Bourgogne. Dès lors, se pose pour Ney un terrible dilemme : doit-il cautionner le retour de l’Empereur ou proclamer sa fidélité aux Bourbons et à Louis XVIII ? Son revirement entraînera son procès devant la Chambre des Pairs. Arrêté dans le Lot par les émissaires du préfet du Cantal, puis condamné, le maréchal sera fusillé le 7 décembre 1815 à 9h20 près du Palais du Luxembourg, au fond de l’allée de l’Observatoire. Les années passent et Ney sera réintégré dans l’Ordre de la Légion d’Honneur ; une statue à son effigie sera dressée le 6 avril 1852, œuvre du sculpteur François Rude. Ses fils accepteront de siéger à la Chambre des Pairs et sa veuve recevra une pension.

Que reste-t-il du passé militaire d’un homme, sinon le souvenir de sa bravoure à Elchingen, Iéna, puis pendant la retraite de Russie à Waterloo ? Que reste-t-il aujourd’hui de l’exécution de Michel Ney, sinon une tâche dans l’histoire de la Restauration ? Car le verdict du procès le condamnant à la peine capitale fut loin de faire l’unanimité. Sentence qui a permis au ministre des Affaires Etrangères du Gouvernement provisoire de 1848, Alphonse de Lamartine, de lancer : « La Cour fut cruelle, le Roi faible, les ministres complaisants, la Chambre des députés implacable, la Chambre de Pairs lâche comme un Sénat des mauvais jours de Rome ! ». C’est ainsi que le maréchal Ney a été réhabilité dans la gloire, debout et fier devant l’Europe et la postérité. Il peut, il doit demeurer dans la conscience populaire comme le « Brave des braves ».

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